Ne laissons pas mourir Thomas Brail !

J'écris ces lignes avec gravité, parce qu'elles puisent à l'encre de la vie et de la mort. Je pèse mes mots.

Depuis plusieurs semaines, un homme et ses camarades sont en grève de la faim pour combattre le projet d'autoroute A69. Thomas Brail entame désormais une grève de la soif. La côte d'alerte est dépassée. Ils sont trois à initier cette démarche. Leurs vies sont en danger.

On parle de folie. Mais qui est fou? Celui qui met en danger sa vie ou le système qui détruit la planète? L'Autoroute A69 est un contre sens écologique et un non-sens social.

La demande de Thomas Brail et de ses camarades est raisonnable. C’est un combat pour la démocratie. Une démocratie qui se soucie enfin du plus petit, du plus infime, et pourtant infiniment grand : les écosystèmes qui nous accueillent et nous abritent. « Les arbres sont des poèmes que la terre écrit sur le ciel », nous disait Khalil Gibran.

Qu’il est ardu, dans le tumulte du quotidien, d’entendre la voix de ces écosystèmes, le chant des branches qui bruissent et le cliquètement des insectes qui s’évadent. Thomas Brail demande simplement à ce que la justice ait le temps de les écouter, et nourrie de leur clameur -de trancher, avant que le grand œuvre ne commence. Serait-ce là trop demander ?

La justice de notre pays a sanctionné à plusieurs reprises des projets portés par la puissance publique mais contradictoires avec l’impératif de préservation du vivant. Il se pourrait qu’il en soit de même cette fois-ci : mais que viendrait sauver la décision des juges si tout est déjà détruit ? Agir sans savoir attendre, c’est céder à l’arbitraire, c’est faire acte de faiblesse, quand plusieurs vies sont en jeu.

À Thomas que je soutiens dans son combat je demande d'arrêter sa grève de la faim et de la soif. Thomas, mon frère: nous sommes les gardiens du vivant. Nous savons que la vie est précieuse. Ne sacrifie pas la tienne. Mourir ne fera pas repousser un arbre, ne sauvera pas un cours d'eau, ne protégera aucune espèce. Notre devoir est de vivre et de lutter. Lutter c'est vivre.

À Emmanuel Macron et son ministre Clément Beaune je demande de fendre leur armure d'indifférence et d'entendre les voix, nombreuses (encore ces derniers jours 1600 scientifiques se sont exprimé), qui demandent l'arrêt de ce projet.

À Carole Delga, et à ses camarades du parti socialiste qui la soutiennent, c'est une supplique que j'adresse: qu'elle revienne à la raison et comprenne que le projet qu'elle défend avec tant d'insistance est une fausse route, une voie sans issue.

À toutes et tous je dis: ne laissons pas mourir Thomas Brail. Il est encore temps.

Précédent
Précédent

A69 : Le combat continue - L’édito Justice du 11 octobre 2023

Suivant
Suivant

Glyphosate : pas une minute de plus !