Historique ! - L’édito JUSTICE du 5 février 2021

Nous avons gagné et c'est historique. Ce mercredi 3 février, la France a rejoint les Pays-Bas, le Pakistan, la Colombie et l'Irlande dans le cercle très fermé des pays condamnés pour inaction climatique.

Deux millions trois cent mille citoyen·nes viennent d'obtenir de la Justice qu'elle déclare l'Etat français coupable d'inaction climatique. A tou·tes, nous disons merci.

Le pays de l'Accord de Paris, qui se targuait auprès de qui voulait bien l'entendre, d'être le leader le la lutte contre le dérèglement climatique ne pourra plus donner de leçons. «Make our planète great again», d'accord Monsieur le Président, mais commençons par balayer devant notre porte.

Il est fini, ce temps où les promesses n’engageaient que celles et ceux qui les croient. L'état français ne peut pas continuer à faire fi des engagements qu'il a lui même pris. Ce ne sont pas les Français·es qui viennent d'être condamné·es, mais leurs dirigeant·es qui, depuis plusieurs décennies et aujourd'hui encore, ont cru qu’ils pourraient continuer à louvoyer et à ne pas agir pour le climat. Le tribunal se réserve d'ailleurs la possibilité d'énoncer, d'ici deux mois, des injonctions à l'Etat pour faire cesser et réparer le préjudice écologique constitué par sa contribution au réchauffement climatique. Car à l’heure où le juge administratif condamne l’État pour le retard qu'il continue de prendre chaque année, la France ose présenter un projet de loi issu de la Convention citoyenne qui n’a, selon une étude d’impact réalisée par le gouvernement lui-même, qu'une chance sur deux d’atteindre ces fameux objectifs à horizon 2030.

Si le gouvernement veut cesser de marcher sur la démocratie, sur les impératif environnementaux et désormais aussi sur la justice, il doit réagir. Négliger l'urgence climatique c’était déjà une erreur politique et une irresponsabilité civilisationnelle. C'est désormais aussi une faute juridique.

Précédent
Précédent

Vers l’interdiction des forages de gaz et de pétrole en mer ?

Suivant
Suivant

"L'inaction de l'Etat en matière climatique est reconnue illégale" - Mon interview pour Challenge