L’union fait la force - L’édito JUSTICE du 6 mai 2022

Sans vouloir insulter la littérature américaine, nous avons donné tort à Mark Twain. C’est parce que nous savions que cela était possible que nous l’avons fait. La Nouvelle Union Populaire, écologiste et sociale #NUPES est née, et nous comptons bien l’emporter lors des élections législatives des 12 et 19 juin prochains.

Personne n’a dit que l’union était facile. Toutes mes pensées à celles et ceux qui mènent patiemment et inlassablement des combats sur leurs territoires depuis des années, et ont dû retirer leur candidature pour faire place à cette nouvelle union. Votre abnégation est honorable, elle doit faire votre fierté. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la capacité des gauches à coopérer ensemble, mais l’avenir de notre pays, de l’Europe, et de la planète. Le projet que nous portons est une alternative radicale à celui mis en œuvre par Emmanuel Macron : c’est un projet d’harmonie et de justice entre les humains et avec les non-humains, que nous opposons au projet des privilèges et de la rente porté par un homme qui n’a aucun égard pour le vivant.

Ensemble, nous porterons le projet de la dignité humaine et de l’égalité contre la courbe croissante des injustices. Nous mettrons en place de vraies politiques climatiques, qui oseront s’affronter aux bénéfices extravagants des multinationales qui s’alimentent de la destruction de la planète et de l’exploitation des peuples et des zones de guerre. Nous bouleverserons les règles du jeu démocratiques et ferons advenir de nouvelles règles constitutionnelles, en France comme en Europe. Car de la même manière que nous portons le projet d’une nouvelle République, nous défendons l’urgence d’une autre Europe.

Nos adversaires ont tenté de jeter la pomme de la discorde entre nous et nos allié·es pro-européen·nes, en agitant le chiffon rouge de la désobéissance. "Quoi, désobéir? Mais vous n'y pensez pas. L'Europe n'y survivrait pas". Comme si les règles ne pouvaient aucunement changer. Le Parlement européen l’a pourtant réclamé lui même cette semaine en séance plénière, dans la suite des débats engagés sur le futur de l’Europe, en demandant que les traités soient bien changés. Ceux qui ont voté contre l'idée d'une modification des traités, ce sont les conservateurs, les réactionnaires, et l’extrême-droite ; qui ne défendent que la liberté pour la finance, l’austérité pour les peuples, et les barbelés pour les migrant·es. La Macronie a voté à l’unisson de l’ensemble de la gauche française et des écologistes pour la transformation de l’Europe. Le vote intervenu cette semaine est une manière d’aveu : l'Europe n'est pas immuable. Elle peut changer. Pour nous autres écologistes, elle le doit.

Alors pourquoi donc venir nous chercher querelle? Parce qu’à n'en pas douter les changements que nous réclamons ne sont pas les mêmes. Emmanuel Macron peut bien essayer de faire croire qu'il veut faire bouger les lignes, sa volonté est faible, et sa politique est marquée du sceau du conformisme qui nous a mené dans le mur et nourrit la défiance dans l'Europe. A-t-on vu Macron défendre l’agro-écologie plutôt qu’une PAC climaticide ? A-t-on entendu ses allié·es réclamer la sortie définitive du Pacte d’austérité budgétaire ? A-t-on écouté ses apôtres proposer de réencastrer l’économie dans le respect des limites planétaires ? L’a-t-on vu mobiliser ses partenaires pour faire condamner l’écocide ou faire cesser les noyades de migrant·es en Méditerranée ? Poser la question, c’est déjà y répondre. 

Nous, nous le ferons.

La majorité que nous devons faire élire en juin prochain rappellera que les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature, et que nous avons besoin d’un nouveau traité, un Traité environnemental, qui fasse de la protection du vivant la loi des lois. Elle rappellera que l’Europe ne peut se construire que dans le respect des droits fondamentaux de tous et de toutes. Et puisque des États-Unis nous parviennent de sinistres nouvelles, des menaces de grand recul, je veux écrire ici que la liberté des femmes d'avorter est un droit aussi fondamental qu'inaliénable. Dans notre Europe, nous continuerons à le défendre, sans coup férir.

Parce que nous sommes résolument européennes et européens, les écologistes se battront au sein de la NUPES, ainsi que nous l'avons fait de concert cette semaine au Parlement européen, pour qu’existe une démocratie européenne, à travers -entre autres- des listes transnationales présentées aux votes des 450 millions d’européennes et d’européens. Avec la force qui est celle des pays fondateurs, la majorité à laquelle nous donnerons naissance mobilisera les gouvernements des autres états dans lesquels siègent nos partenaires politiques pour qu’enfin s’engage la nécessaire refondation européenne.

L’actualité montre chaque jour de manière cuisante l’absolue nécessité de l'Europe. C'est vrai pour l'Ukraine. C'est vrai pour l'urgence écologique. Nous disons d'ailleurs que nous ne pourrons sauver le climat que si nous sauvons l’Europe. Mais pour faire advenir cette fin, il est impératif de changer l'Union européenne. Cela demande une majorité politique qui en a vraiment la volonté. Nous y travaillons. Pour les législatives, la gauche et les écologistes ont choisi de surmonter ensemble les divergences stratégiques de la Présidentielle pour que renaisse l'espoir et la possibilité de la victoire. C'est un pas en avant considérable. Je souhaite qu'au delà des appareils, les femmes et les hommes qui représentent la société mobilisée soient largement associé·es à la dynamique politique qui est en cours. Pour que notre union ne soit pas une addition de logos, mais une vague civique irrésistible.

Alors parce que, précisément, l’Union fait la force, ouvrons grand les portes et les fenêtres de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale, retroussons-nous les manches et emportons-le, les 12 et 19 juin prochains !

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