Après dimanche ? Une coalition pour la justice sociale et le climat - L’édito JUSTICE du 22 avril 2022

Le temps presse pour faire reculer le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, le dépassement des limites planétaires. Nulle concession ne doit être faite aux énergies fossiles, ou aux vendeurs de mort, quels qu’en soient les bénéficiaires : états ou multinationales. Le GIEC nous dit que nous n'avons plus que trois ans pour inverser la courbe, reprendre en main notre économie et nous mettre enfin en capacité de sauver la planète.

En regardant le débat de l'autre soir, il était clair qu'aucun des deux finalistes de la présidentielle n'a entendu l'ultimatum climatique. L'écologie est pour eux une langue étrangère. Ils balbutient des mots vides de sens, comme autant d'éléments de langage destinés à masquer le vide de leurs propositions. Ils ont rivalisé en invectives et en imprécision, faute de proposer la bifurcation nécessaire. Pourtant, plus les seuils fatidiques approchent, et plus les politiques menées révèlent le tragique d'un modèle qui nous mène à notre perte. Voilà ce que signifie l'urgence écologique. Nous saurons continuer à la défendre dans les semaines et années à venir.

Pour autant, nous n'oublions pas que notre devoir du moment, est de tout faire pour que Marine Le Pen ne soit pas élue présidente de la République ce dimanche. Pour l’heure, il faut glisser un bulletin Macron dans l’urne, sans hésitation, mais sans attente aucune. Notre responsabilité est en réalité plus grande encore : nous devons agir de telle sorte que plus jamais l’extrême-droite ne soit en situation d’arriver au pouvoir. C’est à nous de construire une dynamique qui ne soit pas seulement une réaction ponctuelle et lacunaire, mais une mobilisation durable qui forge un horizon politique nouveau, fondé sur la compréhension de l'ordre écologique du monde et la volonté de bâtir un avenir solidaire. 

Plus que jamais nous devons opposer les forces politiques de l’amour, du respect et de la dignité aux forces porteuses de la destruction, de l’oppression et de l’humiliation. Nous devons rendre possible une autre issue que le chacun-pour-soi social et le sauve-qui-peut écologique. La route à suivre est claire: engager dans le même moment la transition écologique et le virage vers plus de justice sociale. Nous voulons sauver la planète et faire reculer les inégalités, mettre fin à la grande pauvreté et respecter les droits de la nature, reconstruire la confiance dans la démocratie, éviter la multiplication des fractures irréversibles au sein de notre Nation et promouvoir une République écologique. C'est un projet global et cohérent.

Nous en sommes loin. Au premier tour de la présidentielle, la gauche et les écologistes n’ont réuni qu’environ 30% des suffrages exprimés. C’est trop peu. Membres d'organisations politiques, militantes et militants de la société mobilisée, nous devons chercher à convaincre l’ensemble des Françaises et des Français - dont beaucoup tournent aujourd’hui le dos au monde politique traditionnel - que nous portons les solutions pour préserver une planète viable et offrir une vie meilleure. Nous devons œuvrer sans relâche, parce que la tâche est immense. Alors cheminons ensemble, sous peine de subir durablement la défaite.

Pour cela, il nous faut dès les élections législatives de juin prochain créer une coalition pour la justice sociale et le climat. Une coalition capable sinon de devenir majoritaire, au moins d’instaurer un puissant rapport de force pendant le nouveau quinquennat, quel qu’il soit. Une coalition qui relie nos combats et unisse enfin et durablement celles et ceux qui pensent et agissent en commun, et sont aujourd’hui tiraillé·es entre des appareils qui doivent surmonter leurs différents - de fond et d’organisation - et se mettre en mesure de faire reculer durablement et la haine, et le productivisme dévastateur. Une coalition pour construire l’avenir par-delà les clivages des partis ; dans lesquels un grand nombre ne se reconnaît plus. 

L’espoir réside à l'évidence dans notre capacité à créer une dynamique de rassemblement, avec les Verts et Insoumis, avec la société mobilisée issue des gilets jaunes, du mouvement climat, des quartiers, du féminisme et des solidarités. Il nous faut tirer le meilleur de chacune et chacun. Nous avons beaucoup à apprendre les un·es des autres, et tant à faire ensemble. Ne nous résignons pas. Avançons ensemble. Nous avons perdu la présidentielle.  Ne perdons pas les législatives.

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