TROIS QUESTIONS À... Anina Ciuciu

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Écrivaine et avocate, Anina Ciuciu est notamment l'autrice du livre "Je suis Tsigane et je le reste" (City Editions, 2013) et fondatrice du collectif Ecole pour Tous.

Votre collectif "Ecole pour tous" s’intéresse aux enfants exclu·es de l'école: quelle est l’ampleur de ce phénomène?
 
Le Collectif #EcolePourTous a été fondé par des enfants, jeunes et parents vivant en bidonvilles, squats, hôtels sociaux ou aires d’accueil, des mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers, ou d’enfants vivant en Guyane et à Mayotte qui ont en commun de rencontrer des discriminations dans l’accès au droit à l’instruction en France dont je fais moi-même partie. Nous avons décidé de nous rassembler pour reprendre nos destins en main et réclamer le droit à l’éducation, le droit à nouveau de rêver pour nous mais aussi pour les 100 000 enfants et jeunes qui en sont privés en France.
 
Vous vous êtes récemment élevée contre la loi sur le séparatisme, en quoi concerne-t-elle ce sujet?
 
Cette loi nous paraît inutile et dangereuse. D’une part, elle ignore la vraie priorité : les 100 000 enfants et jeunes en situation de grande précarité toujours privés du droit à l’éducation et dont la situation a été considérablement aggravée par la crise Covid. D’autre part, elle nous inquiète car elle risque de créer de la stigmatisation et de l’exclusion pour certains enfants, ce que nous avons nous-même vécues, et qui engendre du décrochage scolaire et de l’abandon.
 
Qu’attendez-vous de Jean-Michel Blanquer ou, d’une façon plus générale, d’un ministre l’Education?
 
Nous demandons à Jean-Michel Blanquer la mise en œuvre de 6 mesures urgentes pour garantir et rendre effectif le droit à l’éducation pour tous les enfants et jeunes en France. Nous attendons aussi la nomination par le Premier Ministre d’une mission d’information interministérielle « Ecole pour tous» qui nous a été annoncée depuis plus d’un an.

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